La fille ordinaire découvre le merveilleux monde du Fitness

Publié le par Elsie Parker

Aujourd’hui la fille ordinaire décide de se remettre au sport. Je ne sais pas s'il faut dire mettre ou remettre. La dernière fois qu'elle a chaussé des baskets et un survêtement c'était au lycée. On ne peut pas dire qu'elle brillait par ses exploits sportifs: manque de souplesse, manque d'endurance, phobie de la sueur, angoisse de l'ongle qui casse. La fille ordinaire aimait se planquer dans les vestiaires avec des copines pour glousser, manger des bonbons et échanger de bon gros potins de lycéennes. Parfois, elle regardait les garçons jouer au foot et devenait une groupie niaise à souhait avec les yeux qui papillonnent et la mâchoire qui se déboite (rappelons que l'adolescence est une période difficile). Ces cours étaient une torture mentale au même titre que les cours de mathématiques. Ses absences d'exploits sportifs ont conduit deux professeurs d'éducation physique et sportive en cure de repos. Pour eux aussi c'était difficile d'assumer un aussi cuisant échec. A la fac, elle a toujours pris soin d'éviter les activités sportives préférant faire travailler ses méninges et réservant ses forces physiques pour le marathon des soldes où elle excellait dans le coude à coude pour saisir l'habit tant convoité puis la course d'obstacles en direction des cabines d'essayage et enfin le corps à corps lorsqu'il fallait passer à la caisse. tout est question de motivation.

Elle a pris un copieux petit déjeuner pour éviter l'hypoglycémie: des céréales, un jus de fruit et une banane. Puis elle a mis sa tenue de sport flambant neuve rose fushia. Elle se compose d'un pantacourt moulant et d'un tee-shirt en microfibre près du corps qui laisse entrevoir ses gracieux petits bourrelets. La vendeuse était catégorique, pas question d'intégrer une salle de sport réputée habillée comme un sac à patates. La fille ordinaire aurait préféré des vêtements larges et confortables mais elle a vite compris que c'était "niet" sauf si elle voulait passer pour une plouc dès le premier jour. Culte du corps quand tu nous tiens! Les baskets sont aussi roses avec des paillettes. Avant de partir, elle se regarde dans la glace, on dirait la fille de Barbie et du Bibendum Michelin!

1,2,3, elle respire un grand coup et pénètre dans l'antre de sueur et de la techno (déjà à 9.00 du matin). Timidement, elle se faufile vers l'accueil sous le regard des adhérents qui s'activent sur tout un tas de machines dignes de la plus belle salle de torture du moyen-âge. Une armoire à glace se tient derrière le comptoir. La fille ordinaire le soupçonne d'être sous stéroïdes. elle ne savait pas qu'ils existait autant de muscles dans un corps humain (pour info environs 600). Elle commence à les compter lorsqu'il se dirige vers elle tel un vautour sur sa proie. Les muscles saillants, le poil inexistant, la dent blanche, le sourire qui dit bienvenue et sort la carte bleue.

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Et là c'est parti pour un interrogatoire en règle: objectifs, fréquence, motivation, alimentation...résultat, la fille ordinaire signe pour un abonnement de 24 mois (c'est moins cher que de payer à la séance mais ça signifie que la salle de sport devient votre seconde maison, c'est quand même le prix de deux abonnements de téléphone!!). Payer pour souffrir, sentir mauvais et avoir mal, c'est du masochisme! Elle se retrouve avec un programme digne des athlètes qui préparent les JO, 3 fois par semaine, 2.00 heures par jour à courir sur des tapis, soulever de la fonte, pousser des trucs avec les mains et/ ou les pieds puis à participer à des cours de renforcement musculaire. Exténuée, elle arrive à peine à composer le code de sa carte de crédit. Une fois les papiers en main, le programme imprimé et la promesse de retrouver un corps de déesse, elle prétexte un rendez-vous qu'elle a oublié et promet de revenir lundi.

Toutes ces explications, ces promesses c'est encore plus fatigant que de grimper sur un vélo d'appartement! elle a l'impression qu'on lui a retourné le cerveau.

Bon encore 2 jours de répit avant de commencer. Il est midi lorsqu'elle regagne enfin son appartement en rêvant d'une succulente pizza.

Qui va piano va sano...

Suite au prochain épisode.

Elsie Parker

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